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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 22:19
Je ne sais pas d'où vient l'expression mais elle convient bien aux secousses que j'éprouve depuis quelques mois.
L'expression me convient car allie la brusquerie de mouvements opposés qui se suivent sans prévenir et le cliché émotif qu'on attache au qualificatif russe, l'âme slave...
Les clichés ne sont pas nécessairement faux. Je me souviens de la caissière de la cinémathèque de Chaillot, alors que j'étais en pôle position de la file de cinéphiles attendant la séance, me disant de son accent russe : " Vous les Français, vous dites vos rêves, nous, les Russes, nous les vivons ! ". Les Russes, hommes et femmes, que j'ai rencontrés n'ont pas démenti ce diagnostic.

Ce qui me frappe également dans ce que j'ai vécu depuis quelque temps c'est que si on discourt souvent des intermittences du coeur on parle peu des intermittences de la raison. L'épisode récent du Soleil Noir m'a entraîné sur cette voie de réflexion.
Les intermittences du coeur qu'évoque Proust concernent les cibles amoureuses d'un esprit volage et raffiné. Je ne connais pas ces intermittences. Je n'ai jamais haï ceux et celles que j'ai aimés (de près ou de loin) et je retrouve parfois vivement l'émotion qu'ils ou elles ont ouverte, au détour du hasard, d'une rencontre, d'un rêve...
Et je ne connais pas l'indifférence même si nos vies se sont éloignées.
Mes intermittences sont celles de joie ou de tristesse où plonge mon coeur...

Pessoa parle de sentir la pensée et de penser la sensation. Un rationaliste supposera que de mêler la sensation ou le sentiment à la pensée est une piste où la raison risque de se perdre. Et qu'il est sans doute beaucoup plus raisonnable de garder la raison hors de ces contrées instables où des mirages de toute sorte se plaisent à la déboussoler.
Autant que la poésie, la psychologie, qui nous encourage à équilibrer le féminin et le masculin en nous, et la pensée symbolique chinoise, qui fait de l'énergie un flux continu passant du yin au yang et du yang au yin, semblent pourtant nous guider vers ces continents se défilant derrière des paravents de nuages. Il n'y a pas de carte pour les explorateurs de ces espaces et leur seule boussole est leur instinct et la confiance qu'ils osent lui accorder.

L'exploration qu'est la vie de chacun de nous ressemble à ces voyages sans carte, installé sur un tapis volant qui se comporterait comme une voiture de montagne russe fonçant dans le brouillard. La raison peut être utile, mais pas seule. Elle risquerait de transformer cette aventure en manège pour grand enfant tournant en circuit fermé. Et c'est ce que tentent beaucoup d'humains, s'accrochant aux paramètres rationnels et raisonnables de l'image qu'ils se sont fait d'eux-mêmes ; image constituée pour une grande part par l'image que les autres ont validée, ou son négatif pour les plus rebelles.




Par Arkhangelsk
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Mardi 6 janvier 2009 2 06 /01 /Jan /2009 19:11
J'ai reçu des voeux dont la formulation me semble si juste et nécessaire que je peux m'empêcher d'en faire part.
C'est ma nièce qui me les a envoyés. Prénommée Alice, je crois qu'elle doit avoir l'intuition des passages de l'autre côté, de la science des ouvertures.

Voici ces voeux :
Ouvre (les portes de) ta vie au bonheur !

Ce n'est pas un ordre, une injonction, cet énoncé est un souhait offert à notre liberté de l'accomplir. C'est un choix comme peut l'être, dans une direction opposée, la folie. Nous avons le choix de nous fermer à l'énergie extérieure et laisser fermenter, à l'intérieur de cette clôture, la haine, le malheur.
C'est un choix que de  nous permettre de laisser une chance au bonheur de nous atteindre. C'est un choix tout ce qu'il y a de rationnel que de nous ouvrir à ce qui est bon pour nous.

Et, comme tout choix, cette ouverture est un risque ; en tout cas, c'est ainsi que nous voyons l'ouverture, la confiance qu'elle implique. Nous avons si peur d'être le dindon de la farce.
Le dilemne du prisonnier est une magnifique illustration de la rationalité du choix de l'ouverture et de la confiance.
Source Wikipedia (accès à l'article complet) :
Ce dilemne est un exemple célèbre de la théorie des jeux. Dans ce jeu, comme dans bien d'autres, il est fait l'hypothèse que chaque joueur ici appelé « prisonnier » essaye de maximiser ses bénéfices sans tenter d'en faire autant avec ceux de l'autre joueur.

La forme habituelle de ce dilemme est celle de deux prisonniers (complices d'un délit) retenus dans des cellules séparées et qui ne peuvent communiquer.

  • si un seul des deux avoue, celui-ci est certain d'obtenir une remise de peine alors que le second obtient la peine maximale (10 ans) ;
  • si les deux avouent, ils seront condamnés à une peine plus légère (5 ans) ;
  • si aucun n'avoue, la peine sera minimale (6 mois), faute d'éléments au dossier.
Les exemples les plus flagrants sont encore à la une des médias : la crise financière ou le conflit  en Palestine.

L'ouverture au bonheur est d'autant plus un choix rationnel que cette confiance possède un important pouvoir de contagion. Un choix d'autant plus rationnel qu'il permet de laisser fleurir les vertus magiques des lois de la vie psychique.

Transmettez ces voeux à toute personne lucide et rationnelle :
Ouvre (les portes de) ta vie au bonheur !





Par Arkhangelsk
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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /Déc /2008 15:20

En ces jours les plus courts le soleil reste une promesse du retour de la lumière.
Cette promesse, à moins d'un miracle inverse, est garantie. Elle reviendra. D'York, peut-être, ou, yin et yang, de Chine, de Yokohama ou de New-York... des abysses ou de la sylve... du verbe, certainement.

La lumière est-elle la racine du verbe ou l'inverse ?

Le verbe est action. Ce mot qui désigne jusqu'à la parole divine, l'essence même de la parole, désigne les mots qui meuvent presque toute phrase. Une phrase sans verbe étant toujours regardée comme presque anormale. Mais le verbe n'a pas de norme. Il souffle où il veut.

Je souhaite la lumière qui va emplir de nouveau les jours de plus en plus pleinement, je souhaite que le verbe bronze et se renforce à cette lumière invaincue et mette en acte la lumière qu'il porte.


Par Arkhangelsk
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /Déc /2008 17:08
Je me vantais, il y a quelques jours, de ne plus tomber malade depuis que je prenais des gélules composées à partir de l'écorce d'un arbre sud-américain (Lapacho ou Pau d'arco). Le même soir, vendredi dernier, à la fois sous l'effet d'un coup de blues nervalien et du froid qui se mit à me pénétrer, je sentis les premiers effets grippaux : sinusite, fièvre, courbature, lassitude... La nuit fut chaude et agitée, mais très étrangère à toute jouissance sexuelle.

La seconde nuit fut encore plus éprouvante. Malgré la déficience du chauffage, je baignais dans ma sueur et restais comme en permanence arrêté au seuil du sommeil. Ce serait peu de chose si je n'avais aussi éprouvé un intense désespoir : l'impression de contempler, les yeux fermés, comme une béance obscure symbolisant l'insignifiance totale du monde et de tout ce qui le compose. M'est revenue à l'esprit la formule de Nerval, le soleil noir de la mélancholie. Mélancholie semble, de nos jours, délicat, presque tendre ! Ce soleil noir n'était pas tendre...
Le plus douloureux était l'impression de vérité irréversible qui s'attachait à ce sentiment fasciné et dont la conclusion ne pouvait être que le suicide.  Depuis j'ai pensé à Cioran et à ses insomnies, comprenant le gage de lucidité et d'anti-sentimentalité que sa pensée rayonne comme un soleil de glace, le plus brûlant car il attaque d'emblée l'intérieur, le coeur de la part d'être que nous sommes.

Je sais bien que ce n'était qu'un moment de fièvre, un déraillement synaptique due au chauffage à blanc de ma circulation sanguine.
Je sais bien qu'il n'y a pas une Vérité absolue, mais que nous construisons notre chemin vers celles qui nous sont accessibles, progressivement... et pourtant cette béance obscure est une de ses facettes, une de ses portes peut-être.
Malgré les justifications rationnelles, si pauvres, il m'en reste une trace, intérieure, presque physique, comme une scarification initiatique ; les exégètes juifs et chrétiens parlent de la circoncision du coeur, ça ressemble peut-être à cela.
Pour l'instant, ça ne me remplit pas de joie, mais comme tout ce qui est de l'ordre de l'humain naît et meurt, ainsi ses sentiments. Cette expérience dérisoire face aux milliards de souffrances en cours sur cette planète perdue au coeur de la Voie lactée m'a aussi transmis cette pensée : je peux tout aussi bien construire ma vérité face à toute vision de néant, elle n'est ni plus ni moins dérisoire qu'elle, plutôt moins si elle se fonde sur l'ouverture aux autres et à leur apporter un moyen d'oublier la part de souffrance profonde qu'est le sentiment de solitude et de néant qui gît et gémit au coeur de notre ego.
 
Par Arkhangelsk
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /Nov /2008 21:10
L'élection américaine se retire peu à peu de l'actualité française comme la marée à son heure. Mais elle reviendra pour de bonnes ou de moins bonnes raisons.

Il y a une chose que je n'ai pas évoqué dans le papier précédent mais qui avait commencé à éveiller mon intérêt lors de la campagne des primaires.  Cela tourne autour du charisme que cet homme dégage et dont tous témoignent. Il était proprement stupéfiant d'entendre les commentaires admiratifs et parfaitement sincères de certains représentants républicains.

Un professeur de droit, depuis quelques années son collègue à l'université de Chicago le décrit comme "driven", ce qui peut signifier motivé, dans le sens d'une motivation plus forte que l'individu, ce qui peut signifier ambitieux également. Mais l'ambition a une face lumineuse et est indispensable à l'homme dont la voie passe par l'échiquier du pouvoir. Washington, Gandhi, Abd el Kader, Mandela furent des ambitieux.
En même temps Barack H. Obama dégage une puissance olympienne et paisible qui rassure et s'adresse à tous.

Pour revenir plus précisément à la motivation, ce qui m'a frappé pendant la campagne c'est que ce qu'il proposait avant tout, c'est un sens (un sens au sens de : le monde a-t-il un sens ?). Ce sens qui manque tant à nos sociétés occidentales. Et pourtant, Bush aussi en proposait un ; mais un sens guerrier, conflictuel, dans le refus et la peur de l'autre. Obama porte la parole d'un sens de l'union qui, tout autant que la guerre, transcende le confort individuel. Et ce sens semble bien être universel quelles que soient les réactions des gouvernements.
En Europe, qui le regarde comme une nouvelle incarnation ravissante de Zeus, les peuples sont prêts à le sacrer Président du Monde alors même que, pour la nation à laquelle ils appartiennent séparément, ils ne supportent que difficilement l'autorité fédératrice de l'Union européenne !

Bien sûr, le programme de ce président américain reste flou, car en grand pragmatique qui seul peut servir un grand ambitieux, il s'agit que le plus grand nombre puisse deviner le sens qu'il souhaite. Ce n'est pas un mensonge, c'est une omission efficiente.
Seule la qualité de l'homme réel qui siège derrière cette image de perfection peut nous garantir que le sens que nous avons vu en lui est bien celui qui fera du monde post-moderne le germe d'une civilisation.
Par Arkhangelsk
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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 21:08

Yes we can

we can change our lives, our life, the world
nous pouvons changer nos vies, notre vie, le monde

Je suis heureux de l'élection d'Obama par les Américains. Je suis heureux de l'onde de joie qui s'est propagée au coeur de beaucoup des peuples de la Terre.

Difficile de ne pas répéter tout ce qui s'est déjà dit à ce propos.

La première conséquence de cette élection est de redonner aux populations noires une image d'elles-mêmes  positive et digne qui donne la confiance permettant d'agir. La grande tristesse du racisme qu'a généré le rationalisme européen est de se propager par ses victimes. La bêtise et la haine se perpétuent sur ce terreau chez tous ceux qui peuvent en avoir souffert ; ceci désigne les personnes aux opinions racistes aussi bien que ceux qui en sont victimes. L'image de soi de chaque individu des communautés noires marquées par l'esclavage peut enfin se transformer et en libérer l'énergie positive nécessaire à tous pour épuiser ce terreau de haine.

On parle beaucoup en France de la leçon que cet événement donne à notre vieux pays qui serait arriéré en ces matières. Elle ne se situe pas exactement là où les donneurs de leçons la désignent.
Dans le "Yes, we can" de Barack Obama le "we", le nous, est un véritable nous commun, le signe d'un lien civique qui peut relier tous les Américains et que c'est ce lien qui permet le changement et l'espoir. Je ne suis pas sûr qu'on soit même en état de sentir, en France, la réalité d'un tel lien.
D'autre part, même si le peuple américain aime les héros et peut mettre en avant la capacité individuelle à transformer sa propre vie ou à mener un groupe il n'en fait pas un Père Tout-Puissant et providentiel. La capacité de chef d'un individu n'empêche pas la communauté, à laquelle il appartient et qu'il guide, de le soutenir par l'action de chacun de ses membres. Alors qu'ici, et dans beaucoup de régions du monde, la perception d'un guide, d'un chef, s'accompagne d'un sentiment magique et passif qui fait du héros providentiel une sorte de lumière bientôt aveuglante, voire oppressante.

Que la joie, l'espoir et l'énergie qui naissent de cet événement puissent se transformer en énergies positives individuelles  est le seul miracle qu'on puisse souhaiter,  et non pas attendre, car il n'y a rien à attendre de cet homme sinon de percevoir que la capacité de transformation appartient à chaque individu. Il montre un chemin que chacun doit emprunter. Le monde changera non pas grâce à Obama mais si chacun agit à la lumière d'une vision de l'humain, comme il le fait.

Terriens, encore un effort...



Par Arkhangelsk - Publié dans : Actualité
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 23:21


le temps pèse, gravité du temps
le temps se creuse, nuit grave : j’aspire à pleins poumons les particules de mon temps
le temps pèse au centre de la rose de l’espace

la jouissance dans son cocon de salive au parfum de miel suraigu
mon sexe comme une langue qui s’allonge au-delà de son bout, de son terme, de l'extrême cité, de Bagdad, de Samarcande, de Babylone
au-delà des étages jamais construits de la tour de Babel
balbutiement de l’orgasme comme la flèche d’Achille qui colle au scotch de Zénon
Le chewing-gum remâché de la raison nous colle aux guêtres

Inassouvissement de la jouissance assouvie
L’énergie tremble de la tension vers l’infini, l’au-delà de la frontière du fini
Mon sexe rage, archer manchot au carquois de Tantale
Viseur affolé, la cible est la mire
Voyeur remâchant l’indigeste pain quotidien du manque
Par Arkhangelsk - Publié dans : Poésie
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 23:16

Dans un café, le visage d’un homme qui semble pleurer sans larmes. Ses petits yeux noirs comme vitrifiés par la brûlure du présent submergé du seul avenir qu’il peut voir. Mais que peut-il voir de ces yeux brûlés par la peur ?

Chacun de nous dans nos mondes. Que savons-nous du monde, miroir de nos illusions ?
Le monde est une cartographie de notre âme ; notre petit cinéma intérieur se projette sur l’écran si blanc de notre raison, ce petit horizon d’emmuré.
Ce petit cinéma perpétue ce que nous savons déjà.

Comment peut-il inventer, découvrir ce qu’il ne connaît pas ? Il faut sortir de la salle, ou essayer d’entrer dans d’autres salles.
L’amour, ainsi, permet quelquefois, de brefs instants, de découvrir les autres mondes, les autres illusions. Mais y tenons-nous vraiment ? comment vivre en acceptant de ne rien savoir, de tout lâcher de nos fausses certitudes ? Comment avancer sans balises ?


Par Arkhangelsk - Publié dans : Recherche
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 22:49

J’écris pour retrouver la parole

J’écris pour construire ma liberté

J’écris parce que j’ai vu ses fusains

J’écris pour libérer la pensée qui passe par moi

J’écris parce que je ne peux pas baiser tout l’univers

J’écris pour te donner la vie

J’écris pour tuer la mort en l’appelant par son nom

J’écris parce que je ne sais pas aimer

J’écris parce que je ne sais pas peindre

J’écris pour devenir l’Amant

J’écris parce que je ne suis pas sage

J’écris pour féconder mon âme

J’écris pour prier Dieu de m’entendre

J’écris parce qu’Eros est muet

J’écris parce que j’ai vu le rose essor de l’or

Par Arkhangelsk - Publié dans : Poésie
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 22:39
zéro où tout se fige, se gèle
chercheur ta flèche n’atteindra jamais le cœur de la tortue quantique

ô mort, où est ta victime ?

des voiles qu’on arrache délestent le navire de son ignorance
une vérité est au cœur du typhon

entropie, où est ton ordre ?

étoiles de dernière grandeur
l’eau se terre dans la glace
le chat se fait les griffes sur le tapis de Perse
les mots d’émail sur tes dents rebondissent
la rivière de ses cheveux coule dans le mitan du lit
un ange s’est pris les ailes dans un filet parabolique
la côte flotte dans la buée du mirage
Pégase court en mordant les nuages
Eros tire un coup du sort
Shiva danse dans les yeux du paon
la flamme insulte l’éclair sanglant de la justice
le vin inonde les boulevards de l’ennui
les démons crient des mots doux dans les baignoires de l’opéra
le chef d’orchestre enfile sa baguette dans le fion du timbalier
des scolopendres raflent la mise sur le tapis rouge des règles du hasard
sans cri le palmier pleure des perles d’obsidienne
les écorchés de la santé ont perdu l’or riant
la fleur de l’ivresse aux crocs de vipère pousse sur des terres ravinées

Par Arkhangelsk - Publié dans : Poésie
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